
Le retour de la coupe rasée? Cette nouvelle tendance capillaire s'impose chez les hommes
Le crâne mis à nu revient sur les nuques masculines — porté notamment par le footballeur norvégien Erling Haaland ou l'acteur Connor Storrie — et signe, selon The Independent relayé par DHnet, ce que le quotidien britannique nomme une « masculinité discrètement assurée ». À la rentrée 2026, la coupe rasée ne descend plus seule: côté féminin, les salons voient émerger la shixie, une silhouette hybride qui interroge le même territoire de la brièveté radicale. Pour un salon mixte, ces deux gestes dessinent en miroir la même question architecturale.
Le crâne comme pleine page
La coupe rasée, ou « buzzcut », a connu plusieurs existences. Militaire au début du XXe siècle, elle bascule dans les années 70-80 vers la rébellion — punks et skinheads en font un manifeste contre la coupe « soignée » — avant d'être esthétisée dans les années 90-2000 par David Beckham ou Brad Pitt. Le coiffeur Luke Davies, cofondateur d'un salon londonien, résume la dynamique: « Beaucoup de gens peuvent se permettre cette coupe de cheveux, et j'ai vu des hommes gagner vraiment en confiance en eux. » La vague actuelle prolonge cette lecture. Timothée Chalamet, Tom Hardy, Connor Storrie, et surtout Haaland — passé d'une longue chevelure blonde à une coupe presque au ras — en ont fait leur nouveau cadre visible.
Trois lectures se croisent. D'abord, celle de l'économie: pour les hommes qui ne veulent pas — ou ne peuvent pas — passer par la greffe, la coupe très courte ouvre une porte de sortie. Davies le formule sans détour: « Beaucoup d'hommes ont recours à la greffe de cheveux. Mais beaucoup d'autres n'en ont pas les moyens, ou ont une barbe naissante, et une coupe très courte peut transformer leur apparence. Surtout si elle correspond à leur style. » Ensuite, celle du mouvement: selon des psychologues du sport cités par The Independent, ces choix capillaires radicaux « renforcent la confiance en soi des joueurs et transmettent cette énergie aux supporters ». Enfin, plus souterraine, celle du « looksmaxxing », que le coiffeur londonien condense d'une phrase: « les gens osent tout simplement davantage ».
La shixie, ou la pixie relâchée
Côté féminin, la même tension vers la brièveté prend une autre géométrie. Clin d'œil décrit l'émergence de la shixie, hybride entre la pixie et le shag, qui conserve le côté court et affirmé de la première tout en empruntant au second son dégradé plus rock, ses mèches souples et son allure volontairement décontractée. Ce qui retient l'œil, c'est la structure même: les cheveux sont généralement coupés autour des oreilles, la nuque est effleurée, et le dégradé — nombreuses mèches de longueurs inégales — apporte le mouvement qu'une pixie classique ne permet pas.
La justesse du geste tient à ce dégradé invisible, qui évite l'effet plaqué pour construire une impression de volume et de légèreté. Sur cheveux fins, la shixie génère du gonflant; sur cheveux ondulés ou bouclés, elle laisse la texture naturelle s'exprimer sans contraindre la silhouette. Les pointes peuvent rester effilées pour accentuer la note rock, les mèches autour du visage adoucissent la ligne. C'est ce dialogue entre rigueur et nonchalance qui rend la coupe lisible, sans verser dans l'exercice de style.
Avant de poser la question au fauteuil
Avant de céder à l'une ou l'autre, deux ou trois vérifications s'imposent. Pour une rasée: venir avec une longueur cible précise — peau, 3 mm, 6 mm — et laisser le professionnel évaluer l'implantation, la morphologie du crâne et la position des oreilles. Une proportion mal cadrée se voit immédiatement, et elle dure plusieurs jours. Pour une shixie: apporter deux ou trois photos qui montrent le type de dégradé souhaité — plus rock, plus aérien, plus seventies — accepter un rendez-vous toutes les six à huit semaines pour conserver une ligne nette, et prévoir plutôt un produit texturisant qu'un brushing construit.
Dans les deux cas, la brièveté n'est pas une facilité. Elle révèle la structure — et oblige à l'assumer.